vendredi 31 mai 2013

Le cabinet des rêves 125

En somme, pour lui, les rêves ne différaient pas des nombreuses autres métamorphoses psychologiques. Il ne tenait pas à s'en souvenir, à moins qu'ils ne lui aient procuré une sensation que la vie ne pouvait accorder, par exemple voler ainsi qu'on nagerait dans l'air. Plus encore que les rêves, il détestait naturellement les interprétations qui les convertissaient en radiographies de l'âme ou en présages. 
Hector Bianciotti. L'amour n'est pas aimé.
Je suis installée dans un train qui va partir.
Je sais que ma soeur et ma mère sont sur le quai et cherchent à me voir pour me faire signe.
Mais ma place est située assez loin de la tête du train et celui-ci a déjà pris trop de vitesse pour qu'elles m'aperçoivent quand je passe devant elles. 

Rêve du 17 mai 2013

jeudi 30 mai 2013

Chroniques d'une chambre en ville

Le soir, seul dans sa chambre, Nietzsche mangeait quelques tranches de jambon et un oeuf avec du pain et se couchait tôt. ("Comment peut-on devenir un penseur si on ne passe pas au moins un tiers de la journée sans passions, loin des gens et des livres ?") 
Alain de Botton. Les consolations de la philosophie
je connais maintenant
 le temps que la bouilloire me laisse vacant 
avant de siffler 
pour m'appeler

mercredi 29 mai 2013

La mélancolie du thé

Les choses changèrent  à partir du moment où la société portugaise, après avoir joué du ciel comme d'une propriété à la fois de rapport et de loisir, s'enfonça dans l'ennui.
Les plus atteints par cette épidémie s'en allèrent vivre à Lisbonne.
Agustina Bessa-Luís. Un chien qui rêve.
Le soir lui aussi joua sa partition, à l'issue de la journée saudade, teintant outrageusement le ciel de couleurs de mélodrame dans l'espoir, sans doute, de m'arracher des larmes alors que non ! mais mon coeur étreint, oui je l'avoue : il se serra davantage.
Midi m'avait vu épuiser mes réserves de thé fumé sans que ce fut la raison, bien sûr, de cette nostalgie sans nom.

mardi 28 mai 2013

Tuesday self portrait

Oui, tu as envie d'ordre et de régularité. Ce qu'il faut, c'est que tu t'imposes ton propre programme. Pour être un peu heureuse tous les jours, il suffit d'appliquer à toutes choses le même esprit que lorsque tu décides de confectionner des gâteaux. 
François Billetdoux. Lettre à Marie Billetdoux.

lundi 27 mai 2013

N'HABITE PLUS à CETTE ADRESSE

CIVILISATION DU RECTANGLE

Perception de l'habitat : majorité d'angles à 90° et à 180°= maisons, immeubles, portes, fenêtres, toits, ascenseurs. Tout est rectangle vs "nature" : pas de rectangles (sauf quelques pans de rochers). Puisqu'on associe aujourd'hui ville, habitat, humanité et pollution, il y a une pollution par le rectangle. Agents de cette pollution : les architectes. Importance (tyrannie) des "tracés régulateurs" : "Tout architecte doit y recourir" (Le Corbusier). Evidemment accord avec la "raison" (idéologie "géométrique", "grecque" : la cabane, opposée à la tente, circulaire et radicale + peut-être -qui sait ?- rappel ancestral de la fonction royale et religieuse : Rex = celui qui tire les tracés. Rectangle : comme la forme simple du pouvoir.
Roland Barthes. Comment vivre ensemble. Cours et séminaires au Collège de France (1976-1977)

dimanche 26 mai 2013

Le quartier des acteurs

20
J'en arrive, ainsi, ou ma voix en mon nom,
j'en arrive, disais-je, finalement,
à l'endroit d'où je suis parti.
Portugal, Lisbonne, Rua Actor Isidoro, n°31, 1er étage droite.
C'est un quartier sympathique,
avec une épicerie à chaque coin de rue.
Si même au centre-ville, malgré le bruit
et la pollution des voitures,
tu trouves des oranges et des pommes,
c'est que tu es pratiquement à la campagne.
 Gonçalo M. Tavares. Un voyage en Inde.
dans mon sac
pas de guide
:
des livres

samedi 25 mai 2013

gent i aires


Il n'aimait pas les jardins de la ville, c'étaient des endroits où on enfermait une demi-douzaine d'arbres et des centaines de pigeons qui font des saletés partout, des vieux qui jouent aux cartes et des grand-mères qui poussent les balançoires de leurs petits-enfants, il n'aimait ni les pigeons ni les vieux, des enfants il ne pensait rien, ils durent si peu de temps. 
Dulce Maria Cardoso. Coeurs arrachés.

vendredi 24 mai 2013

Le cabinet des rêves 124

Voici la liste des interprétations qui ont été trouvé pour votre de rêve 
dans notre dictionnaire des rêves gratuit :
 vos-reves.com
J'assiste à une représentation théâtrale à laquelle je m'endors. 
Au réveil, je suis dans un lit, en plein air. 
Je m'aperçois qu'il a neigé : tout est complètement blanc. 
J'ai envie de m'exclamer Regardez ! mais les autres -il y a des lits comme le mien, alignés devant la scène- dorment. 
Plus tard, j'apprends que personne ne s'est aperçu de rien : la neige a très vite fondu. 

Rêve du 28 avril 2012

jeudi 23 mai 2013

Chroniques d'une chambre en ville

Ce problème du "standing" de la chambre : pas pertinent (pauvreté monacale appartient à une autre pertinence). Ce qui est pertinent dans la chambre, c'est l'autonomie complète, absolue de la structure. La chambre est sa propre structure, coupée de toute autre structure adjacente. Chambre plus ou moins structurée. J'entends par structure de la chambre une constellation souple, topologique de lieux fonctionnels : lit, table travail, points personnels de rangement. 
Roland Barthes. Comment vivre ensemble. Cours et séminaires au Collège de France (1976-1977)
un sachet de thé pomme-cannelle
et l'emballage d'un muffin dans la poubelle
il dort le jour revient dans la nuit
au matin je vois des traces de sa vie

mercredi 22 mai 2013

La naissance de la cruauté

Tania Kovats. Badger 2012
Mais tu vois bien qu'il est mort !  elle insistait alors j'avais retenu mon souffle pour guetter -mais en vain- celui du chat allongé dans le parterre de fleurs et à l'instant où j'admis qu'elle avait raison, il cessa de nier l'avoir tué. 

(de la mort du Père Noël, en revanche, je n'ai pas de souvenir)

mardi 21 mai 2013

Tuesday self portrait

La photographie, de par son principe constitutif, se distingue fondamentalement de systèmes de représentation comme la peinture ou le dessin (des icônes), autant que des systèmes proprement linguistiques (des symboles), tandis qu'elle s'apparente très significativement à des signes tels que la fumée (indice d'un feu), l'ombre (portée), la poussière (dépôt du temps), la cicatrice (marque d'une blessure), le sperme (résidu de la jouissance), les ruines (vestiges de ce qui a été là), etc. Tant qu'à rester dans la catégorie des index, peut-être qu'un des processus les plus proches de la photographie (une de ses meilleures métaphores ?) serait le bronzage des corps, cette exposition de la peau (surface au moins aussi sensible que l'émulsion : affaire de pellicule) à l'action des rayons solaires qui viennent y déposer leur douloureuse empreinte, rougeoyante puis assombrissante, réservant parfois, à certains endroits de l'anatomie, des zones blanches, vierges, traces en négatif de quelque chose qui a été là et s'est interposé dans l'exposition. 
Philippe Dubois. L'acte photographique.

lundi 20 mai 2013

l'à venir

-Comment ça doit être de vivre dans une île ?
-ça doit être comme n'importe où ailleurs. 
-Une île doit avoir quelque chose de différent. 
Eva bailla et s'offrit encore davantage au soleil. Elle pencha la tête en arrière et ferma les yeux. La lumière du soleil dorait sa peau. 
-ça m'est très difficile de penser que la terre est ronde. Je sais que ça te fait rire mais ça doit être à cause des cartes postales, de la télévision, je pense plus facilement à une terre en forme de rectangle...
Dulce Maria Cardoso. Coeurs arrachés.
et puis, moi qui n'étais plus capable que de dire longtemps,
j'ai recommencé à savoir parler de  
toujours.

dimanche 19 mai 2013

Or,

je vois bien que je suis seule à les photographier,
ces choses-là.
Observer c'est déranger, et c'est là que demeure la plus grande instigation à l'acte de photographier -voir comment deviennent les choses après avoir été photographiées. Elles deviennent évidemment différentes, sans quoi cela ne vaudrait pas la peine de les photographier; ou alors rien ne justifierait qu'elles soient photographiées par plusieurs photographes.
Jorge Calado. Dedans-dehors, le Portugal en photographies.

samedi 18 mai 2013

vendredi 17 mai 2013

Le cabinet des rêves 123

Eva l'interrompit, si je pouvais passer mes journées dans l'eau , ou alors on devrait pouvoir voler, s'élever un peu de terre, soulever les pieds du sol pour ne plus sentir le poids du corps, tu n'as jamais rêvé que tu volais, je ne me souviens presque jamais de mes rêves, je rêve si souvent que je vole, ça doit vouloir dire quelque chose, il y a des gens qui ne rêvent pas, ça doit être tellement ennuyeux, ils ne font que dormir, c'est bizarre, hein ? 
Dulce Maria Cardoso. Coeurs arrachés
M. m'écrit que, dans les années 80, afin de renouveler le genre épistolaire, nous nous vouvoyions dans nos lettres.
J'en suis un peu surprise mais, ses souvenirs étant souvent plus précis et nombreux que les miens, je lui fais confiance.
Je pense que ça ne va pas être très naturel si nous le faisons à nouveau mais qu'on peut néanmoins essayer.

Rêve du 15 mai 2013

jeudi 16 mai 2013

Chroniques d'une chambre en ville

dans l'escalier le lundi après-midi
je croise les vieilles dames très mises en plis
pendant quelques heures au premier étage
elles chantent avec force et rage

mercredi 15 mai 2013

L'origine du mot

En même temps que je levai le doigt, j'avais appelé Maman !, reconnaissant immédiatement cette chaleur au visage dont je savais qu'elle accompagnait l'irrémédiable incarnat qui couvrait mes joues, provoqué par les rires autour de moi, à moins que ce soit lui, au contraire, qui les ait déclenchés.
J'avais appelé Maman ! et, aussitôt Mais je ne demanderais pas mieux ! avait répondu sa voix rieuse et gamine dont le léger zézaiement aurait pu l'avoir dissuadée de choisir ce métier, de s'exposer à nous -je veux dire à eux parce que moi, hein- aux railleries faciles, fréquentes, parfois cruelles mais elle, non, elle n'était pas moquée elle, jamais.
Aucun sarcasme non plus à propos de ses sempiternelles boucles d'oreille de gitane, de son panier en osier qui se balançait au bout de son bras comme si, en route, elle s'était arrêtée pour acheter quelques olives, goûter un fromage de chèvre, plaisanter avec la maraîchère, choisir une nouvelle jupe à volants du même modèle que celle qui, déjà, serrait ses hanches et laissait à peine dépasser ses chaussures à brides et à talons.
Certains, cependant, disaient qu'elle souriait plus encore en croisant son collègue de la salle 101 et d'autres -ou peut-être les mêmes- propageaient des rumeurs de liaisons mais N'importe quoi ! Non mais tu l'as vu ce gros porc ! : nous étions plus nombreux -ou nombreuses c'est possible- dégoûtés par la perverse réputation qui ne le quittait jamais, lui, si célèbre pour mieux noter les filles en jupe, pour plus souvent interroger les décolletés que les cols roulés, nous ne voulions pas l'imaginer, lui, avec elle, Non, jamais !
J'avais appelé Maman ! Euh... Madame ! Mais il était trop tard pour me corriger et c'est ce jour-là que j'avais appris le mot  lapsus.

mardi 14 mai 2013

Tuesday self portrait

Etre seul tantôt rend ivre : ivresse d'un temps entier disponible, à employer, à rendre intense, à concentrer en méditations, en labeurs, à occuper sans distraction, sans hésitations, d'un seul tenant : mathématique (petite mathématique, disons-le, à peine mathématique : petits calculs), poésie (contraintes de diverses sortes, visibles ou invisibles), proses, contes, examens formels, anticipations, lectures, approximations de traductions; il y a tant à faire; tantôt, au contraire, sans qu'il soit possible d'identifier le pourquoi de cette bascule dans le contraire d'un emploi du temps, être seul rend sobre : il y a soudain trop de temps qu'il ne faudrait pas gaspiller, pas assez de temps pour ne pas le dépenser à vide, trop de moyens de le rendre plein.
Jacques Roubaud. La bibliothèque de Warburg.

lundi 13 mai 2013

Corps-Sans-Organes

"Désirer, c'est construire un agencement, c'est construire un ensemble. L'ensemble d'une jupe, d'un rayon de soleil, d'une rue, voilà. L'agencement d'une femme, d'un paysage, d'une couleur. Voilà ce que c'est un désir. C'est donc construire un agencement, c'est construire une région, c'est vraiment agencer."
Gilles Deleuze. L'abécédaire
(...)
hier soir, apercevoir une parcelle de ta peau sur l'écran, ça m'avait fait trembler alors que. 
Alors que lui, qui s'est allongé sur le banc devant le mien, lui qui a fermé les yeux, ce n'est que par inadvertance que j'ai remarqué que c'était un homme, plus préoccupée que j'étais de savoir sur quel roman de Gide il avait posé sa tête.

dimanche 12 mai 2013

l'imitation des oiseaux

ici, les oiseaux chantent tellement fort qu'on dirait des faux
Il pense Tu as été heureux, tu es heureux, que demandes-tu à la vie ? Un jour, quand j'étais petit, une fin d'après-midi, nous étions à la ferme et une bande d'oiseaux s'est envolée du marronnier près du puits vers la tache de la forêt que le début de la nuit rendait bleue. Leurs ailes battaient avec un bruissement de feuilles agitées par le vent, les petites feuilles minces, innombrables, d'un dictionnaire, je te tenais par la main et tout à coup je t'ai demandé Explique-moi les oiseaux. Comme ça, tout à trac, Explique-moi les oiseaux, une requête embarrassante pour un homme d'affaires. Mais tu as souri et tu m'as dit que leurs os étaient fais de l'écume de la plage, qu'ils se nourrissaient des miettes de vent et que, quand ils mouraient, ils flottaient le dos en l'air, les yeux clos comme les vieilles femmes pendant la communion.    
António Lobo Antunes. Explication des oiseaux.

samedi 11 mai 2013

With my tongue in my cheek*

*Marcel Duchamp
Il n'y a que dans les films de Jacques Demy qu'on dit aux femmes que leur combinaison dépasse.  
Aussi j'ai laissé l'homme quitter le café sans lui signaler que l'étiquette de sa veste sortait de son col.

vendredi 10 mai 2013

Le cabinet des rêves 122

Je suis en vacances au Portugal pour deux semaines mais, au bout d'une semaine, je décide d'en partir. 
Je suis sur le point d'attraper un train (il s'agit d'un train de nuit assez chic) pour l'Allemagne mais je n'ai pas mon billet et je ne suis pas sûre de pouvoir en acheter un auprès du contrôleur. 
Ensuite, je pense que ma mère m'en voudrait sans doute de partir sans lui avoir dit au-revoir. Je pense aussi que, contrairement aux voyages qui ont précédé, cette fois : je peux prendre mon temps. 

Rêve du 3 mai 2013

jeudi 9 mai 2013

Chroniques d'une chambre en ville

une après-midi que je me crus seule je me trompai
car mon entrée 
dans la cuisine fit s'envoler
un moineau qui s'y trouvait

mercredi 8 mai 2013

L'emploi de mon temps

Une journée moyenne en métropole en 2010
* Il s’agit de moyennes par jour, y compris samedi, dimanche et vacances ; il faut multiplier par 7 pour obtenir la durée hebdomadaire de travail.
Lecture : les étudiants ou lycéens masculins consacrent 11h49 de leur journée à des activités physiologiques.
Champ : personnes de 15 ans et plus en France métropolitaine.
Source : Insee, enquête Emploi du temps 2009-2010.

A cela, il convient d'ajouter  :
-les mélodies fredonnées
-le temps passé à penser à toi
-les verres de pu-ehr près du ciel du balcon













Étudiants, lycéens Salariés Indépendants Chômeurs Femmes au foyer Retraités Ensemble
H F H F H F H F H F H F Total
Temps physiologique 11:49 12:10 11:09 11:23 10:59 11:28 11:57 12:07 12:09 12:18 12:24 11:36 11:53 11:45
Sommeil 9:10 8:59 8:05 8:15 7:54 8:17 8:45 8:47 8:49 8:38 8:49 8:24 8:35 8:30
Toilette, soins 0:49 1:08 0:53 1:03 0:51 1:02 0:56 1:11 1:03 1:07 1:12 0:57 1:07 1:02
Repas 1:50 2:03 2:11 2:05 2:14 2:09 2:16 2:09 2:17 2:33 2:23 2:15 2:11 2:13
Temps professionnel* et de formation dont : 4:48 4:42 5:50 4:48 7:35 5:01 0:49 0:21 0:04 0:12 0:04 3:55 2:39 3:15
Travail professionnel 0:33 0:24 5:03 4:07 6:48 4:35 0:38 0:13 0:02 0:10 0:03 3:03 1:54 2:27
Trajets domicile-travail/études 0:31 0:26 0:45 0:37 0:47 0:24 0:09 0:03 0:01 0:01 0:00 0:28 0:19 0:24
Études 3:40 3:49 0:01 0:02 0:00 0:00 0:00 0:01 0:00 0:00 0:00 0:22 0:25 0:24
Temps domestique 0:50 1:27 2:06 3:27 1:27 3:28 3:23 4:56 5:38 3:31 4:25 2:24 3:52 3:10
Ménage, cuisine, linge, courses… 0:40 1:11 1:11 2:36 0:52 2:37 2:16 3:54 4:16 1:56 3:47 1:23 3:03 2:15
Soins aux enfants et adultes 0:03 0:07 0:19 0:37 0:12 0:33 0:17 0:46 1:04 0:08 0:12 0:14 0:31 0:23
Bricolage 0:05 0:02 0:22 0:05 0:13 0:04 0:34 0:04 0:03 0:38 0:04 0:25 0:04 0:14
Jardinage, soins aux animaux 0:02 0:07 0:14 0:09 0:10 0:14 0:16 0:12 0:15 0:49 0:22 0:22 0:14 0:18
Temps de loisirs dont : 4:35 3:19 3:28 2:48 2:38 2:22 5:34 4:07 4:18 6:03 5:15 4:24 3:46 4:04
Télévision 1:27 1:19 1:52 1:27 1:23 1:10 2:39 2:22 2:38 3:07 2:53 2:13 2:00 2:06
Lecture 0:08 0:10 0:09 0:14 0:10 0:18 0:09 0:12 0:16 0:39 0:36 0:17 0:19 0:18
Promenade 0:09 0:18 0:10 0:12 0:10 0:10 0:25 0:19 0:18 0:30 0:24 0:17 0:17 0:17
Jeux, Internet 1:47 0:52 0:33 0:18 0:13 0:11 1:06 0:38 0:21 0:36 0:27 0:42 0:26 0:33
Sport 0:30 0:09 0:14 0:07 0:10 0:07 0:19 0:05 0:04 0:10 0:04 0:14 0:06 0:09
Temps de sociabilité (hors repas) dont : 1:12 1:24 0:43 0:45 0:42 0:46 1:04 1:13 0:54 0:55 1:01 0:51 0:57 0:54
Conversations, téléphone, courrier 0:22 0:39 0:16 0:19 0:15 0:21 0:20 0:23 0:17 0:16 0:20 0:17 0:21 0:19
Visites, réceptions 0:48 0:42 0:24 0:24 0:19 0:19 0:38 0:46 0:30 0:28 0:34 0:28 0:30 0:29
Temps libre (loisirs et sociabilité) 5:47 4:44 4:11 3:33 3:20 3:08 6:38 5:20 5:12 6:58 6:17 5:14 4:43 4:58
Transport (hors trajet domicile-travail) 0:47 0:58 0:44 0:49 0:38 0:55 1:13 1:16 0:56 1:00 0:50 0:50 0:53 0:52
Total 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h 24 h

mardi 7 mai 2013

Tuesday self portrait

"En ce mai de fous messages
 j'ai un rendez-vous dans l'air"
(un refrain de saison)

lundi 6 mai 2013

La vie mode d'emploi

Je souhaiterois bien avoir plus parfaicte intelligence des choses, mais je ne la veux pas achepter si cher qu'elle couste. Mon dessein est de passer doucement, et non laborieusement, ce qui me reste de vie. Il n'est rien pourquoy je me vueille rompre la teste, non pas pour la science, de quelque grand pris qu'elle soit. Je ne cherche aux livres qu'à m'y donner du plaisir par un honneste amusement; ou, si j'estudie, je n'y cherche que la science qui traicte de la connoissance de moy mesmes, et qui m'instruise à bien mourir et à bien vivre. 
Montaigne. Les essais. Livre II. Chapitre X : Des livres

dimanche 5 mai 2013

graphomanie

Dans le corps transparent de mon stylo je vois le niveau d'encre diminuer
comme si le papier, à la paille, la buvait.

samedi 4 mai 2013

Petits os
+
frites
=
8,50 €

annonçait l'ardoise du restaurant
le mercredi soir
quand je rentrais
RUE LINIERE

vendredi 3 mai 2013

Le cabinet des rêves 121

Une espèce d'insecte qui se déplace comme un crabe et qui ressemble à un champignon noir réhydraté se précipite chez moi alors que j'ouvre la porte du palier. 
Je le poursuis dans l'appartement parce que je veux l'écraser mais il va jusqu'en-dessous de la fenêtre du salon en m'échappant : à chaque fois que je veux poser le pied dessus, je m'en sens empêchée.

Rêve du 3 avril 2013

jeudi 2 mai 2013

Chroniques d'une chambre en ville

à cinq heures côté cour les enfants s'ébattent
crient rient se battent
mais c'est sur la forêt
que donne mon balcon ensoleillé

mercredi 1 mai 2013

MAI !

La saison est constante.

Je n'ai plus à le commander pour que mon café noir me soit servi à la pastelaria.(1) 
Je n'ai qu'à traverser la rue pour rejoindre le jardin(2) où le soleil a chauffé le banc(3) sur lequel je pose mon livre(4) et mon petit déjeuner. 
La radio(5) du kiosque voisin me tient informée de l'heure qu'il est alors que cela n'a aucune importance. 
(1) L'alignement immuable des gâteaux et des biscuits dans la vitrine
 -et l'assiette de citrons, à gauche- pourrait presque faire penser que jamais personne n'en mange.

(2) Il m'a fallu quelques jours avant de réaliser que tous les arbres étaient couverts de feuilles alors que ce n'était pas le cas, là d'où je venais.

(3) Seul le privilège de ne pas comprendre leur langue me permet de lire de la poésie à moins de trois mètres des jeunes garçons qui ont pris possession de la table -où plus tard dans la journée ce sont de vieux messieurs qui jouent aux cartes- et dévorent des rectangles de pâte feuilletée dont ma vue myope ne me permet pas de savoir s'ils sont garnis de saucisse ou de chocolat.

(4) Un fantasme actif : le besoin de partir, dès qu'une structure a pris. Par exemple : années passées dans un monastère, poids des habitudes, considération de l'entourage, aisance = s'éloigner, redevenir étranger. de même lorsqu'autour de nous -même si nous y avons participé- un langage, une doctrine, un mouvement d'idées, un ensemble de positions commence à prendre, à se solidifier, à se cristalliser, à devenir une masse compacte d'habitudes, de complicités (en termes langagiers : un sociolecte), nous pouvons avoir une impulsion de Xéniteia (1): aller ailleurs, vivre ainsi en état d'errance intellectuelle.

(1) Xéniteia : élément essentiel de la doctrine ascétique du monachisme chrétien ancien (oriental). = Dépaysement, expatriation, exil volontaire (xénos : étranger) = Peregrinatio (pèlerin) : origine militaire; séjour que fait le mercenaire hors de son pays. (Et si chacun de nous se définissait, se sentait comme mercenaire dans le monde où il est placé : service payant et détaché de diverses causes qui ne sont pas les nôtres, envoyés sans cesse par ces causes dans des régions où nous sommes étrangers ?)
Equivalents :
a) Premier degré de l'ordination des moines bouddhistes : pabbaja : le départ, la sortie de la condition antérieure.
b) Mouvement communautaire, début, USA : les drop-out : ceux qui ont tout lâché, gens qui quittent le rang. Tentation du drop-out. (Fantasme correspondant au rite religieux du tout quitter, du s'appauvrir pour commencer autre chose. Protocole imaginaire par lequel on arrange, on organise son départ, calculant les objets dont on se débarrasse à jamais, le minimum qu'on garde, etc. Fantasme du "mettre de l'ordre dans ses affaires". Par exemple : partir s'installer complètement à la campagne, etc.)
Sténochôria : la voie, la vie étroite = une forme d'exil, comme la Xéniteia, mais un exil si intérieur que le monde ne le voit guère. Sagesse qui reste inconnue, intelligence non divulguée, vie cachée, ignorance qu'ont les autres du but que je poursuis, refus de la gloire, abîme de silence. Je signale la Sténochôria parce qu'elle correspond assez à "l'espace étroit" du Tao : conduite profonde qui vise à ne pas se faire remarquer.
Roland Barthes. Comment vivre ensemble. Cours et séminaires au Collège de France (1976-1977)

(5) Qui est assez naïf pour penser que, seule, la génération adolescente pendant les années 80 a été sacrifiée musicalement ? Les innombrables reprises attestent que chaque décennie connaît ses fléaux.